
 
|
de Urasawa Naoki avec un scénario de d'après Tezuka Osamu
Thriller
Editions Kana collection Big
7.35 €
Sorti en février 2010
13X18 Cm, 202 pages, N&B, Broché, Ado-Adultes Sens de lecture japonais
Série en 8 Vol.
Petite histoire sur cette série : Le 7 avril 2003 est le jour officiel de la naissance fictive d‘Astro, le personnage le plus célèbre d‘Osamu Tezuka. A cette occasion, Naoki Urasawa, mangaka mondialement reconnu pour Monster et 20th Century Boys, présente un projet d‘adaptation d‘une des histoires les plus populaires dans l‘univers d‘Astro boy : "Le robot le plus fort du monde", qui dit-il a marqué sa jeunesse (histoire que l‘on peut d‘ailleurs découvrir en France dans le volume 5 de l‘anthologie Astro Boy, disponible chez Kana). Ainsi naquit le projet Pluto. Cependant, les deux maîtres n‘ont pas du tout le même style : si les récits de Tezuka sont dynamiques et portés par une certaine naïveté (même si l‘auteur sait aborder des sujets graves), Urasawa n‘a jamais excellé dans les séquences d‘actions, préférant développer des psychologies complexes et des histoires à tiroir.
Si le récit original est centré sur les combats entre les différents rabots, Urasawa reprend la trame en allant vers ce qu‘il maitrise le mieux : le polar noir. Ainsi, l‘élimination consécutive des robots devient une histoire de crimes en série, auxquels s‘adjoignent des meurtres d‘humains. On en vient alors à s‘interroger rapidement sur l‘identité du meurtrier, dans ce monde régi selon les lois de la robotique d‘Asimov. Les villes futuristes gardent une grandiloquence à base de voitures volantes et de structures gigantesque, propre à la vision que l‘on pouvait avoir des années 2000 à l‘ère de Tezuka, mais tout y est plus gris, morose, dépourvu de vie. Urasawa reprend avec habileté les codes et les personnages de l‘auteur pour en faire son univers propre. Une fois bien installé, on retrouve tout ce qui fait le charme de ces récits : une intrigue qui se dévoile très lentement, morceaux par morceaux, des détours qui ne sont jamais inutiles et des personnages aux multiples facettes.
Le point fort du récit réside justement dans ces personnages. Toute la psychologie habituelle ressort grandie par l‘incursion de robots. Loin des simples machines obéissantes, leurs personnalités sont très recherchées et l‘auteur prend même un malin plaisir à ne jamais dévoiler directement qui est humain et qui est artificiel. Les robots cherchent à se rapprocher le plus possible de leurs créateurs, en ayant une vie de famille, en prenant des vacances, ou en reproduisant des gestes qui ne leur sont pas nécessaires comme manger ou boire. La frontière entre les deux genres n‘a jamais été aussi mince. On arrive à leur imaginer des réflexions, des émotions, même quand le faciès de métal que conservent certains d‘entre eux restent imperturbables.
Ce nouveau manga tant attendu signe la rencontre entre deux grands noms, et constitue sans aucun doute l‘une des meilleures séries en ce début d‘année 2010. Entre thriller noir et récit d‘anticipation, la série offre de nombreux niveaux de lectures, et le talent d‘Urasawa rend comme toujours une immersion instantanée dans son univers.
|