Du 15 au 31 mars, j’organise avec les deux autres librairies de la Place Nationale et la Boutique des Musées Nationaux Le Japon dans la Place.
A la librairie Baux Livre on peut voir OKIYO-E la nature dans le monde flottant, et au Comptoir KODOMO-E le miroir de l’enfance, deux expositions d’estampes de la période Edo.
UKIYO-E
La nature dans le monde flottant.
Des ses naissances, la civilisation japonaise entretien un rapport privilégié avec la nature. Fleurs, animaux, rochers, rivières, baies, îles… sont considéré comme ayant une vie spirituelle propre. Les Japonais n’y voient pas simplement des biens à l’usage des hommes ou les fruits d’une puissance créative divine mais l’expression de la vie cosmique elle-même et l’esprit qu’elle recèle.
Ainsi la nature pénètre le Monde Flottant où tout se crée et se détruit, où se savoure intensément l’instant présent.
La situation éphémère d’une fleur ou la précarité d’un paysage enneigé donne un avertissement prémonitoire : la beauté et l’apparence périssent très vite.
La passion de la nature ne se limite pas aux images de fleurs et d’animaux. Depuis toujours, le paysage joue un rôle de premier plan. Une forêt, une cascade aux versants couverts de mousse, un rocher à la forme singulière, un vieil arbre courbé, une baie parsemée d’îlots battus par les vents et les marées sont imprégnés d’un esprit et deviennent des sources d’enchantement qui sacralisent un lieu. Ces sites sont en général signalés par un torii ou une corde jalonnées de bandes de papiers votives qui soulignent la nature exceptionnelle du lieu.
Toutefois ce lien étroit avec la nature ne provient pas uniquement d’une conception philosophique et religieuse. Dans l’art du Monde Flottant se trouve un sens profond du plaisir qu’il ne faut pas sous-estimer. Il faut apprécier l’envie de détente, le plaisir de contempler le spectacle de la nature et de s’y immerger physiquement et sensuellement.
KODOMO-E
Le miroir de l’enfance
Au Japon, à l’époque d’Edo, l’enfant occupe une place importante au sein de la famille, du groupe et de la société. Une attention toute particulière lui est accordée. L’éducation tient une place primordiale, de même que le jeu, dans le développement des enfants. Dans la région d’Edo (aujourd’hui Tokyo), chaque famille compte en moyenne de quatre à cinq enfants dont le taux de mortalité est de un sur trois avant l’âge d’un an. Les petits sont donc entourés de beaucoup de soin et d’amour. A cette époque, les Japonais considèrent que l’enfant est proche des entités surnaturelles et toujours prompt à retourner dans leur monde. La société organise de très nombreuses fêtes rituelles destinées à préserver les enfants des maladies et à s’attirer les bonnes grâces des divinités.
Amédée de Guerville, un voyageur qui entreprend plusieurs séjours au Japon à cette époque, écrit : Ce sont les enfants les plus heureux du monde. Nés dans un pays où la colère est pour ainsi dire inconnue, où la douceur, la politesse, les bonnes manières sont, avec le courage les qualités les plus admirées, ils ne sont jamais grondés, jamais bourrés, jamais battus et jamais jamais, leurs parents ne s’abaisseraient jusqu’à les injurier. Eux-mêmes ont le caractère facile [...] Ils sont la patience, la tranquillité, la sagesse personnifiées.
In Le voyage au Japon, Robert Laffont, 2001.
L’estampe japonaise qui atteint son apogée à cette époque avec une virtuosité technique inégalée en-dehors de l’archipel, retrace la vie quotidienne des enfants et l’affection qu’on leur porte. Celle-ci ne cesse d’enchanter les Japonais si bien que trois grands courants d’estampes se dessinent :
Les oyako-e, représentent les mères avec leurs enfants. D’une grande beauté et délicatesse, elles montrent des scènes de bonheur maternel.
Les kodomo-e montrent les enfants dans les situations de la vie quotidienne, en train de jouer, de se disputer, d’étudier, etc.
Les omocha-e enfin sont des estampes destinées à divertir ou éduquer les enfants.
A la Boutique des Musées Nationaux, deux artistes influencés par le Japon, exposent leurs travaux sous les couverts.

La quinzaine sur le Japon s’achève par une démonstration de maniement de Katana et autres sabres nippons.

Je reçois enfin l’écrivain Jérôme Noirez pour son roman Fleurs de dragon. (plus de détails ici).
Posté le samedi 15 mars 2008
Blog graphique de Nonoko du 29 mai 2010 — 2010 l'année lecture du 06 janvier 2010 — Jean-Louis TRIPP en dédicace du 23 octobre 2009 — Fin des alertes virales du 24 septembre 2009 — Lectures INouïes - Vendredi 24 Juillet du 24 juin 2009 — Les autres informations