du 15 avril au 31 mai 2008
Alors que la France vit le plus grand mouvement populaire et la plus grande grève de toute son histoire, des étudiants des Beaux-Arts fondent l’Atelier Populaire. Rapidement fréquenté par 300 artistes graphistes et peintres, l’atelier travaille jour et nuit à la conception et au tirage d’affiches. Les étudiants en lutte et les comités en grève viennent de partout pour passer commande ou se former à la technique de la sérigraphie et créer des ateliers d’impression dans les universités et les usines occupées. En moins de 2 mois, l’Atelier Populaire produit 800 affiches tirées à 2000 exemplaires.
Le 27 juin 1968, la police fait évacuer l’école manu militari. Dans la nuit, la dernière affiche est tirée et Paris s’éveille placardé :

De cette foisonnante production, ces affiches dégagent une odeur de poudre : l’anti-impérialisme, la solidarité avec les ouvriers et les immigrés, la liberté d’expression, la critique radicale de l’autorité et du pouvoir, le rêve d’une société dépoussiérée et libérée du joug capitaliste.
Le charme convulsif de ces affiches appartient à une époque surannée où l’affichage était rare et le placardage sauvage presque inconnu. Elle garde pourtant des slogans d’une étonnante actualité.
Verra-t-on dans les rues à nouveau fleurir ces brûlots graphiques ?
Posté le mardi 15 avril 2008
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